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Le Soleil – Domaine Wach : quand la magie du vin opère

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Domaine Wach : quand la magie du vin opère
CHRONIQUE / Lui est vigneron. Elle, sommelière. Les fidèles de cette chronique résidant à Sherbrooke la connaissent d’ailleurs très bien, puisqu’elle levait chaque semaine son verre et sa plume dans La Tribune entre 2013 et 2014. Eux, c’est Pierre Wach et Jessica Ouellet, un jeune couple que le vin a réuni avec un grand « V ».

Il vient d’Andlau, en Alsace. Elle vient de Windsor, au Québec. Chez Faro, café étudiant rue Wellington, à Sherbrooke, le regard des jeunes amoureux s’illumine tandis qu’ils racontent le voyage qui a fait converger leurs univers. C’était il y a 6 ans, en Nouvelle-Zélande. Après avoir obtenu son diplôme en sommellerie et raflé la Bourse Espoir de la Sommellerie SAQ, Jessica s’envole à Marlborough faire les vendanges au domaine Staete Landt. Elle y fait alors la rencontre de Pierre qui occupe le poste de maître de chai sur un autre vignoble.

Lui, vigneron de 7e génération, retourne en Alsace sur le domaine familial. Elle, boursière Grands Chefs Relais & Châteaux 2014, choisit La Cheneaudière & Spa en Alsace comme première destination de stage. Tiens, tiens. Tous les chemins mènent en Alsace… « C’était l’occasion de voir si ça fonctionnait! » laisse tomber la jeune auteure du blogue Le Cellier de Jess, le sourire aux lèvres. La suite, on la connaît.

Eux, c’est la relève du Domaine Wach, un petit vignoble artisanal de 8 hectares en conversion bio, à Andlau, une commune viticole du Bas-Rhin. Et ils se complètent à merveille. « À la cave, je cherche les défauts et elle, les qualités! Sa palette gustative est beaucoup plus large. Son palet est formé sur plus de choses », reconnaît le jeune vigneron de 28 ans, admiratif. Si Jessica aide à certaines décisions à la cave, au bout du compte ce sont les nombreuses tâches administratives qui occupent la majorité de son temps.

Devenir vigneron, voilà qui en a fait rêver plus d’un. Pourtant, elle ne l’avait jamais envisagé. « Je respectais beaucoup le travail de vigneron, mais jamais je ne me suis dit « un jour, je veux un vignoble! » Les gens ne se rendent pas compte que tu travailles les pieds dans l’eau, que tu laves des tuyaux… » D’un autre côté, Pierre rappelle que ce n’est certes pas de tout repos, mais que c’est « tellement gratifiant de tout faire de A à Z. Il n’y a presque plus de métier qui te permette de faire ça ».

Ensemble, ils exploitent 24 parcelles sur 4 villages — un format familial qui leur convient. « On préfère être artisanal et qualitatif, plutôt que de faire de la quantité et produire des trucs qui ne nous plaisent pas. En fait, si on avait le choix, on préférerait réduire et conserver les parcelles qui nous plaisent le plus. »

L’Alsace : elle a tout pour elle

Pierre remarque que le climat alsacien change depuis les 15 dernières années. Les vendanges ont maintenant lieu un mois plus tôt dans cette région de la France. « Ce n’est pas sans raison si le pinot noir commence à sortir. Avant, les gens le mettaient au frigo, comme un rosé. Aujourd’hui, il est beaucoup plus charpenté. »

Quant au crémant d’Alsace, il ne cesse d’augmenter en qualité et les ventes explosent. « Les Champenois ne nous aiment pas trop trop », lance Pierre, le sourire en coin. « Techniquement, c’est pareil. On a le même climat et on est aussi sur des terroirs de calcaire à certains endroits. Sauf que nos tarifs restent accessibles. » Une situation avantageuse pour le consommateur qui devrait en profiter maintenant avant que les prix n’explosent dans une dizaine d’années, selon le vigneron.

Même constat du côté du riesling. Les Asiatiques en sont tellement friands qu’ils vident en ce moment même les caves alsaciennes. « Ils sont en train de tirer tous les rieslings de la planète! » s’exclame Pierre en terminant sa tasse de café. Heureusement, leur riesling, il en reste encore et ça vient tout juste d’entrer à la SAQ. Mais, entre vous et moi, je ne tarderais pas trop à mettre la main là-dessus.

Alsace 2017
Riesling Andlau, Domaine Wach 
25 $ • 13921167 • 12,5 % • 3 g/l •

Situé en contrebas du grand cru Wiebelsberg — signifiant « montagne des dames » —, ce terroir est en quelque sorte le petit frère du grand cru. Il devrait d’ailleurs passer en appellation 1er cru d’Alsace prochainement. On sent la précision et le souci du détail de Pierre dans ce riesling. Ici, pas l’ombre d’une note pétrolée, plutôt un bouquet fin et net de citron vert et de thé vert. Au palais, c’est parfaitement sec, souligné à grands traits par une tension minérale, doublé d’une pureté éclatante et d’une finale remarquable. Ça plaît beaucoup, énormément, à la folie!

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